Rapport de l'assemblée populaire de Toulouse du 24 mai 2011

Rapport de l'assemblée populaire de Toulouse du 24 mai 2011 

Ce soir, nous étions un peu plus nombreux qu'hier.

 Je donne approximativement le chiffre de 300 personnes. A la différence de la veille, le mouvement s'étend sociologiquement. La parole n'est pas prise que par des militants aguerris ou des espagnols venus en soutien mais par des personnes qui n'ont pas l'habitude de participer à des structures déjà établies, voire institutionnalisées par la pratique du pouvoir (syndicats, partis politiques, collectifs autogérés....). Le mouvement s'agrège aussi d'une diversité culturelle et sociale (immigrés issus des diverses vagues d'immigration depuis l'après guerre). Cette participation est liée au fait que les personnes présentes ressentent un sursaut politique qui passe tout d'abord par une prise de parole libre et respectée.  A l'ouverture de l'assemblée, nous lisons les communiqués des autres assemblées populaires en France et en Europe :

    • le communiqué de Paris-Bastille
    • le communique de Lisbonne
    • le communiqué de Barcelone

 Concernant le communiqué de Paris, des critiques s'élèvent sur les termes de « répartition des richesses » et de « formation d'une assemblée constituante ». Ici, les réflexions portent plus sur les modes d'acquisition des richesses (devons-nous continuer à produire et consommer des richesses par le système de répartition de quelque nature qu'il soit ?) et nous ne souhaitons pas reproduire les structures politiques actuelle (ici, on rejette assez le principe représentatif). Nous sommes assez convaincu par les communiqués de Barcelone et de Lisbonne qui parle plutôt d'organisation de commissions internationales destinées à informer l'ensemble des mouvements de l'avancée de nos idées et de nos modes d'actions pour que l'ensemble contribue à l'intégralité des mouvements engagés en Europe. Lors de l'assemblée populaire, des membres de partis politiques (Front de Gauche – NPA) appellent à ce que les personnes présentes participent à la manifestation contre le racisme qui doit être organisée samedi prochain.Nous nous opposons pour différentes raisons à cette demande de ralliement. Tout d'abord, nous invoquons le fait que les partis veulent récupérer l'assemblée pour amplifier leurs mouvements politiques. Ensuite, nous estimons que de se réunir en assemblée, de se remettre en question chaque jour est une action beaucoup plus pertinente que de faire une manifestation un mouvement institutionnalisé et balisé : « C'est ici que je manifeste contre le racisme ! Dit un des participants de l'assemblée . Je n'ai pas besoin de faire une manifestaiton. Je parle à tout le monde et tout le monde me parle. Lutter contre le racisme, c'est se remettre à se parler tous ensemble». Enfin, nous estimons que notre mouvement s'insère dans une critique du régime actuel que les partis politiques alimentent, voire légitiment (cf. le refus de laisser des professionnels de la politique de créer notre opinion, de l'organiser etc....cf cp d'hier). De grandes discussions ont lieu autour de la notion de démocratie. Tout d'abord, on invoque l'idée que la démocratie, c'est les massacres au rwanda, les guerres en afghanistan, le scandale strauss-kahn, etc.....Mais on invoque aussi l'idée que la démocratie est un mot que l'on doit se réapproprier et que l'oligarchie se l'est appropriée depuis trop longtemps ce qui créé une certaine confusion terminologique. Cependant, on invoque aussi que la « révolution de 1789 » est la créatrice du système actuel et qu'il faut d'abord avoir une réflexion globale sur l'organisation du pouvoir avant de parler de démocratie. Nous passons alors aux débats locaux. La première question est de savoir comment faire du lien entre nos réunions publiques, les mouvements actuels et les personnes touchées par la crise, la corruption etc...... Nous estimons que nous devons faire l'effort que les politiques ne réalisent pas depuis très longtemps à savoir de réconcilier les classes les plus touchées par la politique gouvernementale avec les autres classes. Nous sommes tous des travailleurs et les divisions opérées doivent anéanties et nous soumettons la proposition de constituer d'autres assemblées populaires qu'à la place du capitole, notamment à Arnaud BERNARD, Baguatelle ou encore les Trois cocus – quartiers populaires de TOULOUSE). Nous devons aussi apporter le soutien aux différentes contestations en cours (GPS, CREA, Taxis qui manifestent demain, soutien aux fonctionnaires chargés de gérer le canal dont la gestion est en voie d'être privatisée....... Nous enchaînons sur l'organisation du mouvement à Toulouse. On propose la création de groupes de travail sur différentes problématiques : économie, droits civils et politiques, lien social....Sur ce, on constate qu'il est difficile actuellement de faire tenir les personnes. Une personne rappelle alors que les mouvements ont toujours demandé des sacrifices.....Il propose que pour avancer, il faut peut être arrêter tout.....continuer à discuter, réfléchir ensemble et de stopper toute participation au profit de l'appropriation des richesses par l'oligarchie, notamment par le travail. ON avance l'idée qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un droit particulier pour s'arrêter de travailler ou de manifester dans la rue.....contrairement au balisement et l'institutionnalisation des grèves et manifestations. Malgré des réactions, il n'est pas acté ce type d'actions. En effet, de nombreuses personnes présentes ne peuvent se permettre une telle action, faute de créations de solidarités concrètes et quotidiennes. Toutefois, on souhaite que cette action s'inscrive plus tard.....pour relancer l'ensemble des mouvements sociaux qui ont échoués depuis dix ans. A la clôture de l'assemblée, nous sommes entourées de la bac....de rg. Une personne prend alors le micro et dit ces mots : « Bonsoir, la police est présente et je félicite l'ensemble de l'assemblée car nous avons réussi à les inquiéter. Messieurs de la police nationale, l'assemblée vous passe le bonjour de manière unanime. Dans les différents mouvements, des structures sont mises en place pour éviter les arrestations, les condamnations etc....Je vous propose que dès demain nous nommions des avocats chargés de notre défense, qu'un point d'information de nos droits en garde à vue soit diffusé et que des formations pour résister à toutes formes de violences policières soient rapidement organisées. ». L'assemblée acquièse, le comité d'auto-défense juridique a été commissionné ce soir pour organiser une « legal-team », un participant informe demain les participants de leurs droits en garde à vue et un avocat sera proposé à la prochaine assemblée. Nous actons que demain soir, chaque personne amène de quoi manger, boire etc....pour organiser un repas de la solidarité et continuer le débat le plus tard possible. Dès jeudi, un campement sera mis en place. Dès demain, une rotation des participants est organisé pour tenir la place en journée, des commissions se réuniront sur les différents thèmes : animation, communication, logistique, économie, droit..... On s'organise pour la diffusion de tracts et nous nous engageons à prendre chacun avec soi deux personnes pour demain soir.  

LA LUTTE CONTINUE Democracia real ya - Prenons la place Toulouse